Historique

Entrée historiqueEXPLICATION : De découverte très récente, fin septembre 2005, le trou des Vents d'Anges doit son nom à la conjonction de plusieurs facteurs: la date de sa découverte, en pleine période de vendanges; le courant d'air sensible qui en sortait et toutes les promesses de découvertes possibles sur un massif presque vierge de grandes cavités et au potentiel impressionnant.

 

 

LA DECOUVERTE : Après quelques sorties percutantes qui font vibrer la vallon si calme de la Fount dal Rey (Font du Roi), Michel Grillères part se dégourdir les jambes dans le vallon voisin et repère une petite fissure qui lui parle. Peu de temps après, la petite équipe du SCM qui s'acharne depuis quelque temps sur le massif a la joie de déboucher dans une première petite salle le 25 octobre 2005. La suite est encore étroite, le courant d'air qui s'est intensifié pendant les travaux d'élargissement n'est plus aussi net, ça devient déjà un peu plus compliqué. Plusieurs passages sont néanmoins repérés. Le premier donne sur un petit puits borgne. Le second est tortueux, ébouleux et venteux. On débouche au sommet d'une faille encombrée de lames rocheuses (puits du requin marteau). En bas, ça s'élargit et on explore plusieurs conduits, arrêt sur blocs. Plus haut, on remonte une petite cheminée dont le haut semble être très proche de la première salle. C'est rapidement confirmé et agrandi car le passage est beaucoup plus facile par là. Plus tard, les blocs sont franchis et une galerie pentue et prometteuse au contact des schistes est parcourue jusqu'à une petite lucarne à -40m. A-t-on trouvé la suite ? Après la lucarne, on retrouve rapidement une zone étroite, il y a bien un amont avec plusieurs conduits mais ils s'achèvent tous sur des trémies peu engageantes.

LA BRANCHE DE - 83 : En aval, le seul indice est l'actif qui part sous une voûte insignifiante. On s'y attaque quand même et on passe au bout de 4 sorties après avoir creusé 8m dans la boue et les cailloux. Derrière on se relève dans un conduit plus spacieux bien que très ébouleux. On descend rapidement dans un conduit plus spacieux et prometteur, la Salle de la première neige, une étroiture est rapidement éliminée à coups de marteau. Elle est suivie par un beau méandre entrecoupé de ressauts et de petites marmites, on se croirait dans un petit "Castanviels" (grosse cavité explorée à la même période sur le massif). Un nouveau retrécissement nous freine mais il est vite éliminé et on se retrouve dans une salle spacieuse concrétionnée à la profondeur de -83m. Pas de suites évidentes sans gros travaux et de plus, il y a longtemps qu'on a perdu le courant d'air. Toutes ces aventures nous ont occupés jusqu'en mars 2006 et le réseau développe déjà dans les 450m.  

LA RECOMPENSE : Il nous faut retrouver le courant d'air et pour cela, il faut reprendre les recherches dans la zone d'entrée, là où il est le plus fort. C'est le 22 mars 2006 que Grillou et Stoche vont revoir une poche ébouleuse déjà visitée par Gounel et Cut. Après avoir passé une étroiture en triangle, les blocs bouchent le passage 3m plus loin. Mais Stoche entend un bruit derrière, de l'eau coule, ou ruisselle plutôt, c'est bon signe, il n' y a pas un gros courant d'air mais c'est un bon indice. Effectivement, le 26 mars Grillou et Gounel passent facilement après 2 tirs, c'est déjà plus grand et ils s'arrêtent au sommet d'un ressaut, gros écho plus loin. Et le 02 avril 2006, c'est le début de sorties mémorables pour tous les participants. D'abord la grande Salle du CPE, puis le début de l'actif suivi par le fond de -242m, le gros morceau de la lucarne (-180m) à l'actif (-335m) et tout le fond. Entre le 2 et le 22 avril, la branche principale est explorée, arrêt décevant à -344m, l'eau s'infiltre à travers les graviers sans aucun espoir. Décevant car la morphologie de la cavité promettait beaucoup plus. Néanmoins on ne fait pas les difficiles, car non contents de participer à une belle aventure, la cavité que nous sommes en train d'explorer est vraiment magnifique et nous offre des paysages exceptionnels et nous prouve que le massif des Soulanes a vraiment du potentiel.

LES ANNEXES : Nous sommes en train de découvrir deux cavités remarquables par leur taille et leur importance et ce ne sont que des affluents d'importance relative vis à vis du réseau actif qui passe sous le massif. Cela promet des kilomètres et même des dizaines de kilomètres de réseau si on arrive à trouver le collecteur qui doit couler quelques dizaines de mètres plus bas. D'ailleurs, à la fin de cette année 2006, près de 4,5 km de conduits sont déjà explorés et topographiés aux Vents d'Anges ce qui est déjà une grande réussite. Les explorations vont continuer en 2007. Le moindre passage est pisté, exploité, agrandi et souvent exploré puis topographié. La découverte principale de 2007 est la remontée de l'affluent des Anémos. Il débute à -227m dans la Salle des Obus. Cette arrivée d'eau d'aspect étroit avait été jusqu'alors délaissée. C'est vrai que c'est assez étroit et très humide sur les premières dizaines de mètres. On suit les schistes. De belles cascades sont remontées brillamment par nos grimpeurs, les dimensions prennent de l'ampleur et le décor est à la hauteur. De sorties en sorties, plus de 600m sont explorés dans cet affluent et on atteint la cote  +3 m !, plus haut que l'entrée ! dans un vallon côté de la Condamine. Un contact ARVA est effectué, il ne manque que quelques mètres pour déboucher en surface. nous laissons ce chantier en suspens pour le moment. Fin 2007, nous avons ajouté 800m de conduits à la cavité qui arrive à 5 200m.

ET MAINTENANT ? : Les explos s'essoufflent un peu en 2008. Rien de très important n'est mis à jour, mais des compléments d'explo et des nouveaux chantiers rajoutent 400m aux Vents d'Anges qui arrivent à 5 600m de développement, une des plus longues cavités audoises. Pour l'avenir, il reste encore des points intéressants comme la continuation de l'affluent des Bains Douches qui pourrait donner une nouvelle branche semblable à celle des Anémos, l'escalade des Tuniques Bleues à terminer et divers points à revoir dans la cavité mais dans l'état actuel des choses, il semble que la majorité de ce qui pouvait l'être a été mis au jour. L'Affluent des Bains Douches a été attaqué en 2009 et a livré 70m de conduits humides et étroits, chantier difficile qui sera poursuivi en 2010.

 

 

 

 

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Commentaires (1)

1. Maurice 12/08/2010

j'ai bien aimé le style, ça sent le vécu avec une intensité, la fièvre de la découverte !

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